lundi 9 avril 2012

Chapitre XIII : Le Jardin de Pascal à Boquete

Boquete, Chiriqui, Panama 2012

La ville de Boquete est à 1200 m d'altitude dans la province du Chriqui. Elle est située dans une riche vallée volcanique au pied du plus haut volcan du pays, le Baru (3474 m) qui n'est plus en activité depuis le 16° siècle.  Nous sommes arrivés le jeudi 29 mars, avant la semaine Sainte, pour voir le lancement de la célèbre 'exposition annuelle des orchidées du pays.  Le lundi 2 avril, en flanant, mon épouse Malvina voit dans un journal local un marché bio communautaire qui se déroule tous les mardi.
Le lendemain nous allons en ville. Nous ne voyons rien, mais près de la mairie les vendeurs de bijoux ont disparu !? C'est un indice !
Malvy se décide à demander.
Il faut dépasser le pont, à droite en contre bas, non visible pour celui qui passe sans savoir, caché par la végétation, un marché couvert plein d'Américains !!!?
Un marché bobo, de vente de légumes bio, de pains aux raisins, de crème, tout en anglais, plein de vieux, mais aussi de jeunes. Un jeune allemand nous vend de la charcuterie faite par lui. Il est de Bavière.
Puis il y a un Français !
Il vend des radis noirs énormes, de la salade magnifique, du fenouil que l'on ne voit nul part à Panama. Deux jeunes américains l'accompagnent.




















Je le reconnais, en 2008 j'ai parlé avec lui de Taïchi.




Sa femme, sa fille et son fils Olivier de 12 ans sont à la capitale, au collège. Lui, il est là haut, du côté de Bajo Mono, sur le chemin d'Horqueta. Pascal prépare l'avenir pour sa famille, il réalise depuis un an un jardin dans l'esprit écologique d'aujourd'hui.
 De mon côté j'ai écrit en 1988 "Magie Bleue pour des compagnons jardiniers dans le Tiers Monde" où j'invite les générations du troisième âge à réaliser avec leurs enfants désoeuvrés ou chômeurs des jardins en Afrique. Aujourd'hui je suis à la retraite et je n'ai rien commencé !
Pascal a raison, il faut devancer les futures catastrophes écologiques et économiques à venir.
Nous sommes à Pâques avec Pascal dans son jardin, je pense à la résurrection d'Osiris, le Christ panthéiste égyptien de la végétation. Osiris est l’ordre, l’ordre des lois de la nature. L'ordre que le Tao enseigne. L'ordre que nous ne pouvons pas suivre à cause des lois de l'industrie, du commerce et de nos dettes financières. Aujourd'hui nous nous trompons de Christ. Le sacrifié à notre croissance, à notre bonheur, à notre consommation, c'est Osiris : la végétation.
Avec Jésus, Panama est dans le désordre.
La majorité des Panaméens ont des pratiques religieuses très suivies. Ils évoquent Dieu à tout moment, pourtant ils sont devenus des caricatures de ce qu’il ne faut pas faire.
Des caricatures si excessives, si ahurissantes, si ridicules, qu’elles dénoncent d'une manière flagrante la dérive internationale de nos sociétés de consommation.
Mercredi matin, je n’ai eu qu’une hâte, monter chez Pascal dans son sanctuaire d’Isis et d'Osiris.
Avant de visionner le diaporama voici ce qu'on peut lire sur Osiris :

Dans la collection Les Compacts, chez Bordas, il nous est livré des messages écrits d’Osiris sur des sarcophages :

 « Que je vive ou que je meure, je pénètre en toi et je réapparais à travers toi ; je dépéris en toi et je croîs en toi… 

Les dieux vivent en moi parce que je vis et je croîs dans le blé qui les soutient.

Je couvre la terre ; que je vive ou que je meure, je suis l’orge, on ne me détruit pas. »

Dieu des morts et de la résurrection. Il préside le tribunal de l’ordre du monde d’Outre Tombe, où il juge nos défunts. 

« Je suis le Maître de l’ordre, j’émerge dans l’ordre. »
  
Remarque :
A la messe, les saintes espèces, le pain et le vin, avant d'être consacrées par le prêtre sont d'abord le corps et le sang d'Osiris. C'est le blé qui meurt pour donner le pain, c'est le jus de raisin qui fermente pour donner le vin.
Par "l'alchimie"de la transsubstantiation de la messe, ils deviennent le corps et le sang du Christ, mais ils sont encore et toujours le corps et le sang d'Osiris !







Nous allons monter à 1700 m d'altitude 








Malvina aime le fenouil et elle veut le voir, aussi elle fait là un effort que peu de gens de la ville ne fait.











Il y a sur le chemin quelques maisons 




Enfin, nous sommes arrivés chez Pascal. Il n'a pas encore de maison, il habite en contre bas dans une location.





C'est un grand cirque et il est à la lisière du parc national de l'Amitié, d'une forêt primaire et humide. 





Le fenouil que personne ne connait à Panama, ou presque


La pente est très utile, car l'eau, qui tombe en abondance, ruisselle et elle ne stagne pas


Nous retrouvons les deux jeunes américains



Deux indiens travaillent avec eux











Tout ce travail repose sur ses épaules. Je l'appelle Osiris, il est si grand, son nom est Pascal et nous sommes à Pâques. 
Notre amitié commence ainsi  



Vue de son amphithéâtre sur Horqueta 

 



Malvina est conquise, mais elle ne me demande pas de lui construire une maison si loin de tout, si haut dans la montagne où il y a sûrement des serpents.





Au retour je prends le temps de photographier ces vaines de basalte qui ont serpenté du volcan où nous sommes





Je termine par cet arbre dont la floraison me rappelle qu'il est un Osiris, un bel Osiris, comme nous chantons : "mon beau sapin" !!!


De 2014 à 2016 je construirai notre maison en terre, à 80 Km de la capitale, devant Coronado, le Saint Tropez de Panama, et à deux kilomètres de plusieurs grands centres commerciaux.  C'est une chance, c'est fou comme j'en ai besoin pour plein de détails. 
En novembre 2017 je reviendrai voir Pascal et tout aura changé.  Je vais ouvrir un nouveau chapitre car Pascal va m'emmener à 2200 m dans le parc de l'Amitié.

1 commentaire:

  1. Ah! Jacques, si tu savais comme il me fait plaisir ton petit texte. Cette histoire de jardin... j'y suis très sensible mais je ne pourrai jamais m'en payer un à Boquete. Pas les moyens. Je ne suis pas encore à la retraite mais j'ai commencé le mien à Besançon, un tout petit avec les moyens du bords à Veracruz et j'espère le continuer et agrandir quelque part pas loin de Cerro Azul dans la Provincia de Panamá. Mais un jardin demande de l'amour et de la dédication toute l'année, pour ceux qui vivons avec le coeur partagé de chaque côté de l'Atlantique, c'est une mission quasi impossible.

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