Après vous avoir montré comment la souffrance du Christ jouxte toutes les coquetteries possibles d'une belle barbe, de beaux yeux noirs, parfois langoureux, et de la longue chevelure des « Cristo flor » dans leurs trônes fleuris. Je dois vous dire qui sont les Esquipulitas.
Ce n’est pas une ethnie d’indiens, bien qu’on puisse penser qu’ils ont une origine maya à cause de leur nom.
Car Esquipulas est une ville guatémaltèque où il y a un grand Christ noir beaucoup plus célèbre que le grand Christ d’Anton où vont processionner nos Esquipulitas. Le Christ d’Anton est de couleur blanche, et effectivement c'est étrange, ils ont le même nom.
La population de Coclé ne parle que l’espagnol et la jeunesse est scolarisée depuis longtemps. En 1971 je les ai vus marcher pieds nus dans la ville d’Anton, ils étaient tous d’une taille particulièrement petite et ce n’est pas sûr qu’à cette époque ils savaient tous lire, mais depuis les nouvelles générations ont grandi. Elles ont les moyens d’avoir des chaussures. Les routes d’accès dans leurs montagnes sont bonnes, les écoles sont pimpantes, le réseau des bus est meilleur qu’en France !!!
Malgré leur mauvaise réputation tous les gouvernements depuis 1968 ont réalisé beaucoup de choses à Coclé. Il semble même que cela leur est plus facile qu’à la capitale où la corruption généralisée gangrène les services publics.
Dans les montagnes, les gens ont tous des plantations de riz pour leur consommation personnelle, du café et des orangeraies. Ils peuvent vivre en autarcie, et pour avoir un peu d’argent ils sont gardiens et jardiniers des maisons de villégiature du bord de mer dont les plages sont parmi les plus belles de la République. Ils vont aussi à la capitale s’employer dans la construction tout en gardant un pied bien ancré chez eux. Comme je vous l’ai dit les transports sont excellents et très nombreux, les bus sont climatisés et à deux heures de Panama.
Il existe bien sûr des routes de Coclé très difficiles d’accès où vivent des pionniers, mais là aussi il y a des écoles et la végétation est superbe.
Quant aux Esquipulitas, il est remarquable de voir que ces derniers habitent dans des lieux riches en arborescence, en végétation, là où leur Christ fleur peut fleurir et surtout là où il n'y a pas d'élevage de bovins !
Les éleveurs brulent avec des produits chimiques les herbes hautes des champs, éliminent la végétation, érodent les collines et ruinent les petits agriculteurs traditionnels et les Esquipulitas. Ce n'est pas pour rien que cette source de gain si facile s'appelle : el ganado! Qui rime avec "ganar", gagner de l'argent.
Dès la Toussaint, les Esquipulitas cheminent avec leur trône et leurs musiciens trois ou quatre jours par semaine dans la montagne. Ils vont de maison en maison pour prier avec les gens et récolter des fonds pour les œuvres du diocèse.
Depuis quelques temps ils reçoivent une formation religieuse de la part du prêtre Aquiles A. Sanchez originaire de la montagne de Coclé.
En ce moment il se fait une recherche sur l’origine de leurs traditions et de leurs pérégrinations, mais autrefois c’était certainement pour palier à l’absence de communications et de curés.
Dans ce deuxième diaporama je vous montre les gens. Leurs rites de salutations quand leurs petits autels arrivent un par un le 14 janvier au matin à l’église del Ciruelito.
Avant même de se voir, dès qu'ils entendent venir un petit violon et un tambour, tous les tamborcitos déjà là se mettent à battre sans interruption.
A l’entrée de l’église del Nazareno les trônes précédemment arrivés se préparent, ils s’accroupissent pour accueillir les nouveaux arrivants.
30 mètres les séparent de la route.
Les trônes des arrivants parcourent seuls ces 30 premiers mètres, ils font une révérence en pliant un genou et ils repartent en reculant sans se retourner. Les trônes accueillants se lèvent et ils font la moitié du trajet, les autres en font autant. Au milieu de l’allée, ils balancent leur autel très haut en l'air, de gauche à droite, en signe de croix. Ils s’agenouillent et ils repartent en marche arrière. Puis l’inverse se fait, ce sont les accueillants qui vont jusqu’à la route, puis qui reculent à mi chemin. On dirait que les trônent esquivent une danse en arabesque, avec des envolées particulièrement bien réussies. Cela se fait trois fois de suite ! Puis les trônes sont échangés, embrassés et posés dans l’église.
Quand tout le monde est là, une messe est dite, puis se déroulent des actes musicaux. En particulier il est joué l’air de la cumbia de la Fachenga qui se faisait autrefois lors du décès d’un bébé. ( L’enfant était posé à même le sol couvert d’un drap et des couples de voisins dansaient autour de lui sur une musique très lente.)
Je termine mon diaporama sur une famille qui m’emmène avec mon ami et neveu Damien découvrir leur orangeraie et la rivière où l’on peut se baigner lors de la saison sèche.
samedi 14 novembre 2009
Chapitre I : Les Christs fleurs
Pendant la saison sèche quand commence à fleurir le Guayacan et le Jacaranda, deux grands arbres aux fleurs jaunes et mauves, les Esquipulitas de la montagne de Coclé descendent en grand nombre à l’église del Nazareno du quartier del Ciruelito de Anton pour se retrouver le 14 janvier à la veille de la procession du grand Christ d’Esquipula.
Ils voyagent à pied par petit groupe avec le drapeau de leur communauté, ils s’annoncent avec de tout petits tambours qui appellent votre attention et vous avertit du passage imminent de leur petit autel où fleurit un Christ fleur entre les fleurs qui requiert votre recueillement. Alors vous entendez le violon, la guitare les maracas qui jouent une cumbia pour que dansent les anges. A leur arrivée sur le parvis de la petite église, tous les tamborcitos (petits tambours) se mettent à battre et les petits autels commencent un balai de salutations, de génuflexions, de grands signes de croix dans l’espace où le Christ miniature se balance sur sa croix comme les tiges des fleurs.
62 Cristitos étaient réunis en 2008, peut-être plus en 2009, les photos du diaporama sont dans leur majorité de 2009. Je me suis appliqué à photographier de très près ces petits Christs sculptés par les mains pleines de tendresse des gens de la montagne. Ils ont les yeux ouverts ou fermés, les cheveux blonds, bruns, noirs, des couleurs de peaux de tous les tons possibles, ils sont machos ou efféminés. Il y en a autant que de fleurs, de toutes sortes, pour tous les goûts.
J'ai écris ce texte la veille du 1° mai 2009 et j'avais ce jour là ajouté une invitation :
"C’est le printemps en France, les cloches de Rome sont passées au-dessus de vos jardins, des œufs ont été oubliés par les enfants, regardez demain dans vos buissons fleuris et vos bouquets de muguet s’il n’y a pas un Christ fleur éclos depuis que Pâques est passé."
Jacques
Ils voyagent à pied par petit groupe avec le drapeau de leur communauté, ils s’annoncent avec de tout petits tambours qui appellent votre attention et vous avertit du passage imminent de leur petit autel où fleurit un Christ fleur entre les fleurs qui requiert votre recueillement. Alors vous entendez le violon, la guitare les maracas qui jouent une cumbia pour que dansent les anges. A leur arrivée sur le parvis de la petite église, tous les tamborcitos (petits tambours) se mettent à battre et les petits autels commencent un balai de salutations, de génuflexions, de grands signes de croix dans l’espace où le Christ miniature se balance sur sa croix comme les tiges des fleurs.
62 Cristitos étaient réunis en 2008, peut-être plus en 2009, les photos du diaporama sont dans leur majorité de 2009. Je me suis appliqué à photographier de très près ces petits Christs sculptés par les mains pleines de tendresse des gens de la montagne. Ils ont les yeux ouverts ou fermés, les cheveux blonds, bruns, noirs, des couleurs de peaux de tous les tons possibles, ils sont machos ou efféminés. Il y en a autant que de fleurs, de toutes sortes, pour tous les goûts.
J'ai écris ce texte la veille du 1° mai 2009 et j'avais ce jour là ajouté une invitation :
"C’est le printemps en France, les cloches de Rome sont passées au-dessus de vos jardins, des œufs ont été oubliés par les enfants, regardez demain dans vos buissons fleuris et vos bouquets de muguet s’il n’y a pas un Christ fleur éclos depuis que Pâques est passé."
Jacques
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