dimanche 6 juin 2010

Chapitre XI : A la découverte des œuvres de l'Esquipulita Atanasio Morán de Coclé

J'ai eu une seule occasion de voir un couple d’Esquipulitas et je nourris depuis des années le projet d’aller à leur rencontre dans la montagne de Coclé.  
C'était le 15 janvier 1972.  J’étais chez des amis à Anton.  En fin d'après-midi j'ai vu venir à nous de toutes petites personnes, elles marchaient pieds nus avec dans leurs bras un petit autel fleuri et à leur côté un enfant qui frappait un rythme d’appel très soutenu et d’un seul ton sur un tout petit tambour.
J’appris qu'elles étaient en pérégrination avec leurs musiciens depuis deux mois dans la montagne  et leur périple se terminait aujourd'hui à Anton.  
En 1972 les gens de la ville n'étaient pas tous aimables avec eux, certains les rudoyaient et les volaient.  En 2010 ce n’est plus vrai et ils ont des chaussures.
J’aurai attendu d’être à la retraite pour aller les rencontrer derrière la Panaméricaine. 
Le 26 juillet 2007, je prends mon courage à deux mains et je me rends en bus à « El Entradero de San Juan de Dios » là où quelques personnes me dirent qu’ils étaient nombreux. Mais ces mêmes personnes ajoutèrent que c’était une expédition difficile, ils ne l’avaient jamais faite !?
Je pars donc pensant devoir faire un long et fatiguant voyage.  Mais ce fut tout le contraire.
Panama est si cloisonné que l'on imagine toujours le pire !
Comme chaque fois, il me suffit de passer un rideau d'arbres pour changer de monde.  Le pays s’ouvre alors sur un autre intérieur dans « El Interior ».  "El Interior" est le nom que l'on donne aux provinces centrales et occidentales du pays.  L’intérieur "Del Intérior" est encore plus ignoré qu' El Intérior qui est  aussi silencieux que le sont, pour nous-mêmes, notre cœur et notre foie, quand ils ne sont pas malades.
Il m'a fallu seulement trois quarts d'heure pour arriver à l'Entradero.
L'arrêt de bus est au pied d’une école aux couleurs pimpantes.  Une jeune fille se propose de me guider.  Elle me fait passer derrière l'école.  Nous longeons sur 100 m un ruisseau dans un sous-bois.  Nous passons un pont et nous gravissons une dizaine de marches pour arriver chez mon premier Esquipulita, et pas n’importe lequel, chez un sculpteur, en train de tailler pour une église un grand saint Isidore !!!
Il s’appelle Atanasio Morán, il est né 2 mai 1928, il a 79 ans et j'ai senti que le temps pressait pour lui. L'amitié entre nous fut immédiate et totale. Il me dévoila tous ses secrets, ses mélanges de sciure et de colle pour colmater les défauts du bois.
Il me demanda une photo de moi, par hasard j'en avais une dans mon carnet. En retour, il me donna une ancienne photo de lui à côté d'une vierge où il semblait avoir environ 50 ans.
De photos, il ne devait pas en avoir beaucoup. Je me promis de la scanner et de la lui reporter.
Son épouse était là qui nous regardait tout sourire.
Ils sont trop âgés pour faire le pèlerinage, il n’y a plus d’autel chez eux.  On m’emmena plus haut dans la colline où vit la sœur d’Atanasio, Antonieta et son mari Severiano Alonso et leurs enfants et petits enfants.  Il y a une basse cour, un four à pain et un autel comme je l'ai vu en 1972.  Un Christ,  œuvre d'Atanasio.
Atanasio a taillé tout sa vie des Christs pour les petits autels du voisinage.  A l’âge de 44 ans il est obligé de quitter son travail dans une minoterie de la capitale.  Il souffre d’une infection pulmonaire et il se retire ici où il réalise une première grande œuvre : « un San Martin de Porras ».  Depuis on lui connait une douzaine de grandes statues de saints.



De retour à Panama en 2008, je me rends le 14 janvier à la concentration des Esquipulitas dans l’église "del Nazareno" du quartier "del Ciruelito" d’Anton. Lire et voir les photos dans les deux chapitres de novembre 2009 de ce blog : Les Christs fleurs et la Révérence des Trônes.
62 familles avec leurs petits autels et leurs instruments de musiques se sont réunies avec le père Aquiles Sanchez.  Comme partout à Panama, à l’exception des Kunas, ils sont ravis d’être photographiés.


Le 18 janvier deux jours après la procession du 15 janvier 2008, en compagnie de mon neveu par alliance, Damien Prouvost, je retourne voir Atanasio à l’Entradero.  Il a maigri, il est malade et son saint Isidore n'est pas terminé.  Mais sur sa casquette je lis : « materia gris ».  Il lui reste au moins sa "matière grise" !



Un an passe.  Le 14 janvier 2009 je retourne à l’église del Nazareno d’Anton avec 700 photos faites sur papier.  Le père Aquiles organise la distribution.  Les Esquipulitas sont tous là, ils sont ravis.  La famille Morán m’informe du décès d’Atanasio survenu le 8 octobre 2008.  Il a réussi à terminer son saint Isidore.  Depuis le 4 avril, l’icône est dans sa chapelle à « Los Alveros, en Tranquilla Norte ».
Le jour de la fête de la Chandeleurle 2 février, le père Aquiles m’invite à découvrir le collège des jésuites à Las Marias sur la route de Tambo où il y aura une messe dite par ses confrères.  Deux amies françaises sont du voyage. Nous découvrons des noms de lieux enchanteurs : Chigoré ; Churuquita Grande ; Chiguiri Abajo y Arriba, Toabré ; Tambo ; U Centro ; Tchichivali Montaña.  Mais Las Marias sont encore plus loin et les mauvais chemins auront raison de notre 4x4 !!! 
Prochainement je mettrai les photos en ligne.



Le père Aquiles m'oriente dans mes recherches des œuvres d’Atanasio.  A mon retour en juillet 2009, il sépare de mon nouveau gros paquet les photos de Tranquilla.  Je pars à la recherche du saint Isidore de Tranquilla dans une « chiva ».  C’est une camionnette avec une carrosserie bâchée et deux bancs en bois qui se font face.  Les passagers sont tous ensembles et mes photos circulent, une jeune femme reconnait ses voisins.  J’ai le temps de l’accompagner à Rincon Claro.  Elle se nomme Carolina Ruiz.  Nous dépassons l’église et elle m’emmène sur un sentier fait de montées et de descentes abruptes pour traverser des ruisseaux au milieu d’une végétation tropicale qui ne souffre jamais de la sècheresse, ni de la présence destructrice d’élevage de bovins.
Au retour je marche jusqu’à la chapelle de saint Isidore.
Le 6 août je retourne dans la famille d’Atanasio.  Cette fois-ci, je ne passe pas dans le lit du ruisseau de l’Entradero ! Je prends le chemin officiel, le chemin du facteur, s’il y avait des facteurs à Panama, mais il n’y en a pas !
De la route principale, l’entrée de la propriété au lieu de monter, elle descend jusqu’au petit pont. La végétation est splendide, il y a des fougères arborescentes et des feuilles géantes.
Juana Perez Morán, la veuve d’Atanasio est là.  Je la sens très fatiguée.  Elle me dit combien Atanasio m’avait adopté.  Sa petite fille, Ana Isabel Chirú, me dresse une liste de onze œuvres dont elle connait la localisation.  Le projet de faire un livret des œuvres d’Atanasio me vient à l’esprit.  Je photographie ce que l’on me montre, entre autre un étrange saint Antoine de la lumière avec des flammes dans les deux mains.  Je promets de revenir interviewer Juana avec les photos de la liste d’Ana.  Juana me dit : « Faites vite, je sens que je m’en vais.  Elle ajoute : "ce que Dieu fait, est pour le mieux" : « Lo que Dios hace. Todo esta bien »
Au retour, je marche jusqu’à la chapelle de l’Immaculée Conception et jusqu’à l’église de San Juan de Dios où se trouve le Nazaréen et le Ressuscité d’Atanasio.


En mars et avril 2010 je reviens à Panama en compagnie de Malvina, mon épouse panaméenne.  Le 20 mars nous découvrons ensemble le village de « El Copé de San Carlos ».  Le mot « découverte » n’est pas trop fort, car nous avons eu un mal fou à trouver El Copé.
Nous nous renseignons dans la bourgade de San Carlos, on nous oriente approximativement, mais aucune carte, aucun panneau n’indique le chemin à prendre.  Seul un abri de bus tourné vers une entrée de route en terre nous permet de penser que là, sur la Panaméricaine, il y a une entrée de bus et donc au bout des villages ! ?
Une surprise m’attend.  Après 3/4 heures de route caillouteuse je vois comme descendu du ciel mon saint préféré, saint Jacques le Majeur, peint sur la façade de l’église, tout en bleu sur son cheval blanc brandissant son épée comme une croix !
C’est la représentation haïtienne de saint Jacques "Santiago" que l’on utilise dans le vaudou !?
C’est très étonnant de voir cela à Panama.
Au début du 20° siècle quand les frères des écoles chrétiennes françaises arrivèrent au Panama parce que leurs écoles privées avaient été fermées en France, ils exigèrent que la représentation espagnole du saint Matamore avec son épée et son cheval blanc disparaisse de la basilique Menor de Nata de Los Caballeros et de la cathédrale de Santiago du Veraguas.  L'Eglise ne peut pas avoir un saint assassin.  Il semble que les frères français n’ont jamais été à El Copé de San Carlos !
La Reine de la Paix d’Atanasio est la vierge de Medjugorje d’Herzégovine.  Les choses sont bien faites, elle est là pour tempérer la fougue meurtrière de Santiago Mataindio, du tueur d'indiens en Amérique Latine.
A midi Damien nous attend à Bella Florida sur la route de Santa Rita dans ses deux hectares en friche et sous le auvent de sa future résidence secondaire ! 
A côté il y a l’église de saint Pierre dont l'image a été réalisée par Atanasio. 



Le 31 mars, à la veille du jeudi Saint nous reprenons la route et nous visitons deux œuvres d’Atanasio à Platanal de Rio Hato : un Christ et Notre Dame de la Chandeleur.  Cette fois l’entrée sur la panaméricaine est plus facile à trouver car c’est le nom du pont qui enjambe la rivière Platanal.
Mais le lendemain mon épouse ne veut plus être sur la route et continuer à faire des visites.  C’est jeudi Saint, 1° avril 2010 !
Pendant la semaine Sainte, non seulement la vente d’alcool est interdite mais tous les Panaméens se rendent dans leur petit village d’origine, avec leur famille, là où sont leurs racines.  Chaque année ils vont au même endroit et ils ne veulent pas déroger à cette règle.  Malvina veut être à la capitale où ses descendants les travailleurs antillais du canal sont arrivés au 19° siècle.
A Pâques je retrouve le cloisonnement que s’imposent les familles.  Les emboitements qui structurent la nation panaméenne, pareils aux sociétés segmentaires africaines.  J’en souffre.  Ma liberté se retrouve souvent remise en cause, mais en même temps c’est grâce à ces cloisons légères de rideaux de feuille qu’il existe à Panama des mondes si différents, des traditions si fortes, des indiens si authentiques, des noirs « Congo » sur la côte des Caraïbes à la recherche symbolique de leur famille africaine, des descendants des Mayas dont le saint patron s'appelle Esquipulas comme le célèbre Christ du Guatemala, des Rabbits blancos qui sont une classe sociale de "lapins" créoles, des juifs qui s’ignorent entre Sépharades et Ashkénazes, des Indous, des descendants des Antilles françaises et anglaises avec leur excellente cuisine, des étrangers français et américains qui se retrouvent toujours entre eux.  Ils sont chacun dans leur coin, mais ils font tous la même chose, en ce sens la nation panaméenne existe.  Ils ont tous le sens de l'hospitalité, et à quelques exceptions près, il n'y a pas de barrières pour les rencontrer.  S’il y avait trop de gens comme moi qui transgressent les habitudes, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus rien à découvrir.  Panama est plein de mystères à cause du manque de curiosité des Panaméens.  Personne ne connait et ne s’occupe des autres.  Je me régale, mes recherches m’entrainent sur des terres vierges pour tous les Panaméens.  
La semaine Sainte et les 4 jours du carnaval sont pour la majorité d'entre eux les seules vacances qu’ils s’accordent.  Du jeudi Saint au dimanche de Pâques c’est l’exode, la capitale se vide car la moitié de la population du pays est retournée chez elle.  
Heureusement que nous avons une nièce qui travaille à Pénonomé. Elle souhaite nous accompagner à « El Valle » où m’attend un saint Antoine d’Atanasio Moran.  Saint Antoine est le dieu du commerce dans la santeria cubaine (Elegua).  El Valle d’Anton est un cirque volcanique très riche où se développe un bisness de l’immobilier effréné de « Bienes y Raices ».  Avec une amie, qui nous a reçu chez elle, nous faisons le tour des belles propriétées en vente, tout en étant à la rcherche de saint Antoine.  



Vendredi 2 avril ma nièce nous quitte pour se rendre à la capitale.  Je négocie très fort ce jour de "La Passion du Christ" pour que Malvy m’accompagne à l’Entradero où je veux interviewer Juana, l’épouse d’Atanasio.  La rencontre et la conversation avec Juana et ses filles est excellente.  Mais quand j’évoque à Malvina l’idée d’avoir une maison dans un endroit comme ici où l'horizon n'est que verdure, j’ai été très vite ramené aux réalités urbaines, loin des dangers des serpents !
Au dessus de l’Entradero il y a « El Alto de La Estancia » où Atanasio a un saint Sébastien.  La route est mauvaise, il faut un 4x4.  Il est 11 heures, nous décidons d’attendre la chiva, mais rien ne vient.  Passe une patrouille de la police.  Je leur fais signe, ils nous emmènent.  
Ils ont été appelés pour élucider un vol.  
Ils nous laissent à l’église de La Estancia et ils nous offrent de revenir nous chercher.  
Je fais mes photos et effectivement une demi-heure plus tard ils sont de retour.  
Les deux policiers nous racontent le résultat de leur enquête.  Le vol était plus qu’un larcin, mais une infamie, une profanation, qui a scandalisé une bonne chrétienne.  Voila que de l’alcool a disparu de son magasin et nous sommes avec l’interdiction chrétienne et gouvernementale d'en boire.  Scandalisée, la marchande, au nom du Seigneur sur la croix, appelle la police. Mais ensuite elle découvre que le voleur est son frère. Même si elle pense que c'est un ivrogne et un impie, elle ne peut pas l'envoyer en prison.  Voilà bien une histoire "Del  Interior" de Panama où il ne se passe jamais rien !  Tout le monde rigole et pardonne.  La police s’est promenée, nous aussi !  Faute de bus, les gens montent dans le pickup, un bébé termine sur les genoux de Malvina.  J’entends le policier ponctuer plein de force "Frranciiaa".  Quel bonheur, Malvina parle de la France qu’elle adore, et moi, je remercie le voleur profanateur dans mon fort intérieur.
De retour à l’Entradero nous allons chez Antonieta.  Elle souhaite aller à la procession nocturne du vendredi Saint à Anton.  Nous prenons un plat de poisson séché et de manioc râpé.  Une préparation méconnue de Malvina.  Mon portable sonne. C'est José, un ami, il nous attend sur le bord du chemin, c’est un petit détour, nous avons le temps et c’est un plus pour notre sainte journée.  Il nous guide dans la grande propriété de sa famille.  Nous gravissons sur la colline où se trouve la maison de ses parents.  Les maisons de tradition sont toujours en hauteur, à l’abri des moustiques qui n’aiment pas la brise des sommets.  
Oh surprise, Antonieta tombe dans les bras de la maman de José.  
Elles ont été ensemble à l’école !
Son papa nous montre l’énorme crane d’un lapin "pintado".  
Avec la graisse de ce lapin on soigne la surdité et les rhumatismes ! 
Nous repartirons avec ce remède local pour me soigner les oreilles et nous terminerons notre soirée à Anton avec la préparation de la procession.





Le lendemain, samedi de Gloria, Malvina m’abandonne.  Elle prend un bus pour Panama.  J’irai tout seul visiter le Père Pedro Marin, de 86 ans, retiré dans la famille de sa sœur à Anton.  Juana Moran m’avait dit de lui rendre visite car il a très bien connu Atanasio.  Le Père Marin est un constructeur, il a refait l’église d’Anton, construit 58 chapelles et une maison pour héberger les gens de la montagne de Coclé quand ils sont de passage à Anton.  Il connait tous ses paroissiens.
Séminariste à Panama, puis au Costa Rica, il termine sa licence au séminaire de Bogota où il a eu des professeurs français qu’il me décrit comme chauvins et très fiers de la France.  
Lui aussi est sourd, et sans que je lui en parle, il me commente qu’il a eu droit à sa cure de beurre de lapin !
Dans l’après midi je monte à Los Alveos de Cabuya par le chemin de Santa Rita et Bella Florida où je suis déjà passé voir l’avant dernière œuvre d’Atanasio : saint Pierre.
A Cabuya je vais découvrir la première œuvre d’Atanasio : San Martin de Porras.
 C’est intéressant de bien regarder son San Martin, car il est évident qu’Atanasio se cherche dans ce travail.  Il n’ose pas trop retirer de la matière à sa pièce de bois.  Le cou et le corps du saint sont massifs, la main qui tient la croix est en bas relief.  Si ce premier travail est particulièrement lourd, il préfigure un style que l’on reconnait dans ses deux dernières œuvres, à savoir son saint Pierre de Bella Florida et son saint Isidore de Tranquilla.  Mais Atanasio n’a certainement pas cherché à se distinguer des autres artistes du pays, ni des œuvres plus anciennes qu’il a pu voir à Pénonomé ou Anton.  Il s’est appliqué à faire comme ses prédécesseurs. A Pénonomé on parle d’art « Hecho Cholo ».
Je dirais : Made In Esquipulita. 
Cette dernière balade à la recherche d’Atanasio, je l’ai bien vécue, bien que je fus seul, et j’ai accompli mon but de photographier les 11 images de la liste.  En face de l’église de San Martin, derrière les  arbres, des gens se baignent dans la rivière.  Je me joins à eux et ils me racontent leurs  traditionnelles vacances annuelles à Cabuya ! 


Dimanche matin, je rejoins mon ami Jean Louis Vallet à sa maison de plage à Rio Mar où je me repose et me baigne dans le Pacifique. 
Jean Louis a 76 ans, il passe les trois mois d’hiver ici.  Nous nous connaissons à cause de Santa Librada.   Notre amitié a une dimension mystique.  Il se trouve qu’il habite à côté de Mazère dans le Gers où serait née Santa Liberata et comme moi il va à Las Tablas.   C’est un « tableño »  Bolivar de Gracia qui m’a donné son adresse. Voilà, cette courte histoire se termine avec Santa Librada. Ma muse des Beaux-Arts, la divinté Isis des tables des "Lois" de Las Tablas. Isis sauve Osiris la végétation en péril à cause de nos activités humaines, des excroissances poluantes, cancérigènes, climatiques de notre croissance au détriment de la croissance de la nature. 
Viva Santa Librada.